Différences entre les générations X, Y, Z et Alpha en milieu professionnel

Comprendre les spécificités de chaque génération au travail est devenu crucial pour les entreprises. En effet, les générations X, Y, Z et bientôt Alpha affichent des valeurs, attentes et modes de travail distincts, fruits de leur contexte socio-économique et technologique. Ces différences marquent un véritable choc des cultures : par exemple, les baby-boomers prônaient la loyauté et la carrière linéaire, là où les jeunes générations recherchent épanouissement, plaisir et équilibre de vie​.

Nous analyserons ci-dessous les caractéristiques de chacune de ces générations en milieu professionnel, puis proposerons des stratégies pour attirer et fidéliser ces talents dans un marché du travail en pleine mutation.

Génération X (nés ~1965-1980) : entre loyauté et quête de stabilité

  • Caractéristiques et valeurs dominantes : La génération X est souvent décrite comme indépendante, pragmatique et résiliente. Ayant grandi pendant les chocs pétroliers et les transformations des années 1970-80, ces salariés ont développé une capacité d’adaptation notable. Ils accordent une grande importance à la stabilité de l’emploi – environ 70 % préfèrent la stabilité au travail d’après une étude Deloitte. Le travail bien fait, la réussite professionnelle et la rémunération sont au cœur de leurs motivations : 64 % d’entre eux considèrent qu’exceller dans sa carrière est un accomplissement​. Ils font preuve d’attachement à l’entreprise et de loyauté sur le long terme, valorisant l’effort et la rigueur, et respectent le cadre hiérarchique traditionnel​.
  • Attentes en matière d’emploi, de management et d’équilibre vie pro/perso : Les Gen X recherchent avant tout la sécurité de l’emploi et la reconnaissance de leur travail. Ils s’attendent à des rémunérations évolutives (augmentations régulières, bonus) récompensant leur engagement​. Appréciant un management clair et structuré, ils acceptent volontiers la hiérarchie tout en souhaitant que leur expérience soit valorisée dans les décisions. Arrivés à un stade de vie où ils ont souvent des responsabilités familiales (enfants, proches à charge), beaucoup aspirent à un meilleur équilibre vie professionnelle/vie personnelle. Ils cherchent à être efficaces dans leur travail afin de pouvoir concilier carrière et vie privée​. En outre, la Gen X a besoin d’être rassurée sur son évolution de carrière : certains craignent de stagner ou de voir leur parcours négligé s’ils n’ont pas d’opportunités d’avancement​.
  • Compétences et styles de travail privilégiés : Professionnels expérimentés, les X ont développé une expertise solide et une bonne capacité à résoudre les problèmes de manière autonome. Beaucoup ont connu l’essor de l’informatique au travail et se sont adaptés aux nouvelles technologies, même s’ils sont moins « digital natives » que leurs cadets. On les dit polyvalents et débrouillards, capables de faire preuve d’initiative individuelle. Leur style de travail est souvent marqué par le professionnalisme, la fiabilité et le respect des processus établis. Ils excellent dans les rôles qui demandent de l’autonomie tout en sachant collaborer lorsque nécessaire. Par ailleurs, leur vécu les rend aptes à jouer un rôle de mentors auprès des plus jeunes, en transmettant connaissances et savoir-faire accumulés.

Génération Y (Millennials, nés ~1981-1996) : collaboration, flexibilité et sens

  • Caractéristiques et valeurs dominantes : La génération Y, aussi appelée Millennials, est la génération ayant grandi avec l’essor d’Internet. Connectée et éduquée, elle constitue l’une des cohortes les plus diplômées de l’histoire. Les Y accordent une importance particulière à la flexibilité et à l’engagement sociétal des organisations qui les emploient​. En d’autres termes, ils cherchent un travail en phase avec leurs valeurs (diversité, développement durable, éthique) et apprécient les entreprises citoyennes. L’équilibre vie professionnelle – vie personnelle est un impératif pour eux : 88 % jugent cet équilibre crucial et souhaitent que les contraintes de leur vie privée soient prises en compte par l’employeur​. C’est aussi une génération très collaborative, qui valorise les relations de travail harmonieuses et horizontales. Elle plébiscite la transparence, la confiance et le feedback continu de la part de la hiérarchie, préférant des rapports moins formels qu’autrefois​. Enfin, ayant grandi avec les nouvelles technologies (92 % possèdent un smartphone)​, les Millennials sont à l’aise dans un environnement numérique et innovant, et attendent de leur travail qu’il soit stimulant et source d’apprentissage.
  • Attentes en matière d’emploi, de management et d’équilibre vie pro/perso : Les Millennials veulent des conditions de travail flexibles (horaires aménageables, télétravail, droit à la déconnexion, etc.) pour mieux articuler travail et vie personnelle. Ils apprécient les environnements de travail ouverts et participatifs, où leur voix peut être entendue. Un management idéal pour un Y sera donc coach plutôt que directif, avec des feedbacks réguliers, de la reconnaissance, et une marge d’autonomie. En termes de trajectoire, la Gen Y accorde beaucoup d’importance aux opportunités de développement. Ils n’hésitent pas à changer d’entreprise si nécessaire pour progresser ou relever de nouveaux défis : changer fréquemment d’emploi ne leur fait pas peur, et 24 % envisagent même de se lancer dans l’entrepreneuriat​. Ils attendent donc de l’employeur des perspectives de carrière claires, de la mobilité interne et des programmes de formation pour évoluer​. Par ailleurs, cette génération recherche du sens au travail : elle souhaite que son emploi ait une utilité et reflète ses valeurs personnelles. Travailler pour une entreprise engagée (dans l’environnement, l’action sociale, etc.) ou dont la mission est inspirante représente un véritable plus pour motiver les Y.
  • Compétences et styles de travail privilégiés : Les collaborateurs de la Gen Y excellent souvent dans le travail en équipe et font preuve d’aisance avec les outils numériques (messageries instantanées, suites collaboratives, réseaux sociaux professionnels, etc.). Créative et innovante, cette génération n’hésite pas à proposer de nouvelles idées et à remettre en question les façons de faire établies pour gagner en efficacité. Leur éducation tournée vers le numérique les rend polyvalents : ils passent aisément d’une tâche à l’autre (multitâches) et apprennent rapidement à maîtriser de nouveaux outils ou méthodes. Par ailleurs, les Millennials apprécient la diversité au travail et s’adaptent bien dans des équipes multiculturelles ou pluridisciplinaires. Enfin, ils ont un esprit d’initiative développé – soutenu par leur confiance en la technologie – ce qui les rend capables d’entreprendre des projets ou d’explorer des voies nouvelles au sein de l’entreprise.

Génération Z (nés ~1995-2010) : quête de sens, sécurité et technologie

  • Caractéristiques et valeurs dominantes : La génération Z, qui a commencé à arriver sur le marché du travail dans la seconde moitié des années 2010, regroupe les véritables “digital natives”Ultra-connectés dès l’enfance, les Z maîtrisent naturellement les réseaux sociaux et les nouvelles technologies, qu’ils considèrent comme allant de soi​. Parallèlement, leur jeunesse a été marquée par une succession de crises économiques, climatiques et sanitaires, ce qui a engendré chez eux un certain sentiment d’insécurité face à l’avenir professionnel​. Ainsi, bien qu’ils valorisent l’innovation, ils attachent paradoxalement une grande importance à la sécurité de l’emploi et au bien-être psychologique au travail. Par exemple, 44 % des actifs Gen Z considèrent la sécurité de l’emploi comme primordiale et attendent de leur employeur une vraie prise en compte de la santé mentale​. La quête de sens est également un trait marquant de cette génération : les Z veulent exercer un travail qui ait une utilité et un impact positif. Ils cherchent à « contribuer véritablement à faire progresser l’entreprise » et à voir leurs efforts reconnus​. Enfin, la Gen Z affiche des valeurs éthiques fortes : elle souhaite évoluer dans des organisations inclusives, ouvertes à la diversité et responsables sur le plan environnemental. Ces valeurs ne sont pas négociables – seuls 19 % des jeunes de la Gen Z se disent prêts à travailler pour une entreprise qui ne partage pas ces principes​.
  • Attentes en matière d’emploi, de management et d’équilibre vie pro/perso : Les attentes des Z reflètent leurs valeurs : ils espèrent d’un emploi à la fois de la stabilité et de la flexibilité. D’une part, beaucoup recherchent la stabilité financière et contractuelle (un CDI reste rassurant pour eux, même s’ils le voient comme un outil et non une fin en soi​). D’autre part, étant la “génération Covid”, ils ont découvert qu’ils pouvaient travailler efficacement à distance et aspirent à une plus grande liberté dans l’organisation du travail​. Le télétravail, les horaires modulables et même les espaces de coworking font partie de leurs critères de choix d’un employeur​. Comme les Y, ils tiennent énormément à l’équilibre vie pro/vie perso et n’hésitent pas à changer d’entreprise fréquemment pour trouver les conditions les plus adaptées à leurs attentes​. En matière de management, ils apprécient qu’on leur fixe un cadre clair tout en leur laissant de l’autonomie et des défis motivants. La Gen Z souhaite être impliquée dans les projets, comprendre la vision de l’entreprise et voir en quoi son travail contribue aux objectifs globaux​. Une communication transparente de la part de la hiérarchie et des retours fréquents les aide à se sentir valorisés. Enfin, ils attendent des employeurs qu’ils incarnent concrètement les valeurs affichées : politiques de diversité et inclusion réelles, engagements de développement durable, soutien visible à la santé mentale des employés (programmes de bien-être, assistance psychologique, etc.). Sans ces gages, ils risquent de décrocher ou de perdre confiance dans l’organisation.
  • Compétences et styles de travail privilégiés : Les jeunes de la Gen Z apportent au monde du travail une maîtrise instinctive du digital. Ils utilisent volontiers une panoplie d’outils numériques (applications collaboratives, plateformes de partage, réseaux d’entreprise) ce qui les rend efficaces en travail à distance ou hybride. Ayant baigné dans l’information en continu, ils possèdent une forte capacité à s’auto-former en ligne et à s’adapter rapidement aux changements. Leur style de travail est souvent collaboratif et communautaire : habitués aux forums et médias sociaux, ils aiment échanger des idées et progresser en réseau (on note par exemple que 60 % des Gen Z préfèrent le collectivisme des réseaux sociaux à l’individualisme selon McKinsey​). Créatifs, ils n’hésitent pas à bousculer les conventions et proposer des approches nouvelles. En même temps, leur exposition aux crises les a rendus assez pragmatiques : ils recherchent l’efficacité et les résultats concrets. On observe aussi chez eux une aisance avec le multitâche (passer d’un projet à l’autre, gérer plusieurs flux d’information simultanément). Enfin, la Gen Z apprécie le mentorat inversé : beaucoup aiment partager leurs connaissances technologiques avec les aînés et, en retour, apprendre de l’expérience des plus anciens – ce qui en fait un trait d’union intéressant entre les générations au travail.

Génération Alpha (nés ~2010 et après) : vers un monde du travail personnalisé et responsable

  • Caractéristiques et valeurs dominantes : La génération Alpha, encore très jeune (la plupart sont encore scolarisés en 2025), est la première à être née totalement dans l’ère numériqueTablettes, smartphones et assistants vocaux font partie de leur quotidien depuis la naissance, ce qui fait qu’ils voient la technologie comme une extension naturelle de leur vie​. On anticipe que leur environnement de travail futur sera profondément intégré aux outils d’intelligence artificielle (IA), de réalité virtuelle (VR) et augmentée. Sur le plan des valeurs, les Alphas seront influencés par les défis actuels – ils grandissent en effet dans un contexte de crise climatique et de remises en question sociales. Par conséquent, on peut s’attendre à ce qu’ils soient encore plus sensibles aux enjeux éthiques, sociétaux et environnementaux que leurs prédécesseurs​. La transparence et l’authenticité des organisations seront pour eux des impératifs : ils voudront des employeurs réellement engagés, avec des actions tangibles en faveur du développement durable et de la justice sociale. En résumé, la Gen Alpha valorisera l’innovation technologique permanente tout en gardant un œil critique sur l’impact sociétal des entreprises.
  • Attentes en matière d’emploi, de management et d’équilibre vie pro/perso : Si l’on se projette dans quelques années, les attentes des futurs travailleurs Gen Alpha devraient prolonger les tendances initiées par la Gen Z. D’abord, les Alphas rechercheront des expériences de travail sur mesure : ils s’attendront à des parcours professionnels personnalisés en fonction de leurs compétences et de leurs intérêts individuels​. Ayant grandi avec des contenus algorithmiquement personnalisés (réseaux sociaux, streaming, etc.), ils risquent de transposer cette attente à leur carrière – désirant par exemple pouvoir façonner leurs missions ou choisir leurs projets en fonction de ce qui les passionne. Le management devra être participatif et bienveillant : cette génération, habituée à avoir accès à l’information instantanément, voudra comprendre le « pourquoi » des directives et évoluer dans un climat de confiance et de feedback constant. L’équilibre vie pro/perso sera tout aussi important (voire plus) que pour les Y et Z, car les nouvelles générations normalisent l’idée qu’un travail doit s’intégrer harmonieusement à la vie personnelle. Les Alphas pourraient ainsi privilégier des employeurs offrant horaires ultra-flexibles, travail hybride généralisé, voire semaine de 4 jours, considérant ces aménagements comme la norme future du marché. Enfin, en cohérence avec leurs valeurs, ils attendront une cohérence éthique totale de la part de leur entreprise : ils voudront pouvoir être fiers de leur employeur et ne pas compromettre leurs convictions au travail. Toute dissonance (greenwashing, manque d’éthique) pourrait être rédhibitoire pour les fidéliser à long terme.
  • Compétences et styles de travail privilégiés : Bien que la Gen Alpha n’ait pas encore fait ses preuves sur le terrain, on peut spéculer sur certains traits. Étant donné leur immersion précoce dans le numérique, ils maîtriseront intuitivement les outils d’IA, d’automatisation et de réalité virtuelle. On peut imaginer qu’ils auront une capacité accrue à apprendre par eux-mêmes grâce aux ressources en ligne (tutoriels, MOOC, etc.) dès leur jeune âge. Le style de travail Alpha pourrait être marqué par une plus grande aisance avec l’omniprésence des données : ils sauront analyser, traiter et exploiter des volumes d’information importants via les technologies. De plus, cette génération pourrait pousser plus loin la culture du travail collaboratif à distance en utilisant des plateformes immersives (métavers professionnels, réunions en VR) comme d’autres ont utilisé l’e-mail. Habitués aux jeux vidéo et à la gamification, les Alphas apprécieront possiblement un environnement de travail ludique, interactif et stimulant. Enfin, leur créativité risque d’être amplifiée par les multiples outils d’expression digitale à leur disposition, faisant d’eux des collaborateurs capables d’innover en continuité. En somme, la Gen Alpha devrait apporter un regard neuf, ultra-technophile et exigeant dans le monde du travail de demain.

Analyse comparative des générations X, Y, Z et Alpha

Chaque génération apporte donc un rapport au travail qui lui est propre. En comparant ces cohortes, plusieurs différences clés se dégagent :

  • Valeurs et motivations : La Génération X tend à valoriser la sécurité de l’emploi, la loyauté et la réussite individuelle (titre ou statut professionnel reconnu). La Génération Y insiste davantage sur l’épanouissement personnel et la flexibilité, ainsi que sur l’alignement des valeurs (elle recherche du sens et adhère aux causes sociétales). La Génération Z, quant à elle, fait coexister une quête de sens et d’impact (utilité du travail, contribution à la société) avec un besoin de sécurité hérité d’un contexte incertain. Enfin, la Génération Alpha promet d’être encore plus orientée vers l’innovation permanente tout en ayant des attentes élevées en matière d’éthique et de transparence. On observe ainsi un glissement : plus on avance dans les nouvelles générations, plus les valeurs de flexibilité, d’accomplissement personnel et de responsabilité sociale prennent de l’importance​.
  • Attentes vis-à-vis de l’emploi et du management : Les Gen X recherchent surtout la stabilité (contrat durable, progression de carrière) et une reconnaissance du mérite par un management respectueux. Les Gen Y attendent des conditions de travail flexibles (horaires aménagés, télétravail) et un management participatif (feedback fréquent, autonomie) pour atteindre un meilleur équilibre de vie. Les Gen Z aspirent à un environnement de travail agile qui conjugue sécurité de l’emploi et souplesse organisationnelle, avec un management engagé sur les questions de bien-être (santé mentale, équilibre de vie) et d’éthique (diversité, climat). Les futurs Gen Alpha pousseront sans doute ces exigences à leur maximum : ils s’attendront à un travail “à la carte”, extrêmement personnalisé et digitalisé, et à des dirigeants exemplaires en matière de responsabilité sociale. En résumé, le management a dû évoluer d’un modèle plutôt directif avec les X à un modèle participatif et bienveillant avec les Y et Z, et il devra devenir encore plus centré sur l’individu avec les Alpha.
  • Compétences et styles de travail : La Génération X se distingue par sa maîtrise de l’expérience terrain et son adaptabilité acquise en surmontant des transitions (économiques, technologiques). Ils excellent dans les contextes demandant autonomie et endurance. Les Millennials (Y) apportent un esprit d’innovation et de collaboration : ils manient bien le travail en réseau et intègrent rapidement les nouveaux outils. La Gen Z, en tant que digital natives, a un style de travail très tourné vers le numérique, l’instantanéité et la coopération via les technologies ; tout en étant pragmatique, elle utilise son agilité technologique pour gagner en efficacité. Quant à la Gen Alpha, elle devrait combiner une aisance totale avec l’IA et les outils immersifs à une aptitude à réinventer les modes de travail traditionnels. Leurs compétences risquent d’évoluer au rythme de technologies elles-mêmes exponentielles, imposant aux entreprises une adaptation continue pour tirer parti de ces talents.

Ces différences générationnelles se manifestent dans le quotidien professionnel et obligent les entreprises à redéfinir leurs pratiques. D’ici 2030, les générations Y et Z représenteront la majorité des actifs (on estime ~75 % de Millennials et ~30 % de Gen Z)​, sans compter que la relève Alpha pointera déjà son nez. Il est donc stratégique pour les organisations de comprendre ces écarts afin de favoriser la cohésion intergénérationnelle et de répondre aux attentes de chacun.

Recommandations pour attirer et fidéliser chaque génération

Les évolutions du marché du travail (généralisation du numérique, montée du travail à distance, essor du freelancing, etc.) et les nouvelles attentes sociétales (recherche de sens, bien-être, urgence climatique, égalité…) obligent les employeurs à s’adapter. Voici, génération par génération, des stratégies concrètes pour attirer, motiver et retenir ces talents.

Génération X : capitaliser sur l’expérience et la fidélité

  • Valoriser leur expérience et leurs accomplissements : Reconnaissez la contribution des salariés Gen X par de la reconnaissance formelle (remerciements publics, primes d’ancienneté, célébration des succès). Impliquez-les dans des projets à responsabilité pour qu’ils sentent que leur savoir-faire compte. Par exemple, confiez-leur le pilotage de projets stratégiques ou le mentorat de profils juniors, afin de mettre en avant leur séniorité et de montrer comment elle profite à la croissance de l’entreprise​. Cette reconnaissance de leur expertise renforcera leur sentiment d’accomplissement et d’utilité.
  • Offrir des perspectives de carrière et de développement : Pour fidéliser la Gen X, proposez des plans de carrière clairs, avec des possibilités d’évolution verticales ou latérales. Beaucoup de X souhaitent continuer à apprendre et progresser, même après de nombreuses années d’expérience. Mettez en place des formations continues (notamment aux nouvelles technologies ou méthodes de travail) et encouragez le développement de nouvelles compétences. En les aidant à rester à jour, vous répondez à leur besoin d’être rassurés sur leur employabilité future. De plus, ouvrez-leur l’accès à des postes d’encadrement ou d’expertise en interne pour éviter qu’ils aient l’impression de « stagner ». Un salarié Gen X qui voit qu’on investit dans son évolution aura tendance à rester fidèle.
  • Garantir un environnement de travail stable et flexible à la fois : Bien que très attachés à la stabilité, les X apprécient également qu’on respecte leur équilibre de vie. Tenez compte de leurs contraintes personnelles (par exemple, permettre des horaires aménagés pour un parent qui a des obligations familiales). Sans remettre en cause le cadre structuré qu’ils apprécient, on peut introduire de la flexibilité sur certains aspects (télétravail ponctuel, aménagement du temps de travail en fin de carrière, etc.). Par ailleurs, soignez la communication managériale avec eux : gardez-les informés des changements de l’entreprise pour éviter tout sentiment d’insécurité, et consultez-les sur les décisions qui les concernent (leur expérience peut éclairer les choix stratégiques). En résumé, en offrant aux Gen X respect, stabilité financière et considération, on sécurise leur engagement sur le long terme.

Génération Y : miser sur la flexibilité, la culture d’entreprise et l’évolution

  • Instaurer une flexibilité de travail avancée : Pour attirer les Millennials, l’entreprise doit apparaître moderne et “employee-friendly”. Cela passe par des pratiques telles que le télétravail régulier, les horaires flexibles, voire des modalités innovantes comme la semaine de 4 jours. En effet, les professionnels de la Gen Y (et Z) valorisent énormément la flexibilité et l’équilibre vie pro/perso – les entreprises qui proposent ce type d’organisation se démarquent comme soucieuses du bien-être​. Veillez également à promouvoir une culture du résultat plutôt que du présentéisme (par exemple, évaluer à la performance plutôt qu’au nombre d’heures présentes). En offrant un cadre qui s’adapte à leur vie personnelle (et non l’inverse), vous rendez votre organisation très attractive aux yeux des Y, et augmentez vos chances de les fidéliser.
  • Cultiver un environnement de travail collaboratif et stimulant : Les Millennials attachent beaucoup d’importance à la culture d’entreprise. Misez sur un management participatif, qui encourage la communication ouverte et le feedback continu. Par exemple, formez les managers à adopter une posture de coach : réunions d’échange régulières, reconnaissance des contributions individuelles, et implication des collaborateurs dans les décisions pertinentes. Également, favorisez la convivialité et l’esprit d’équipe par des activités de team-building, des espaces de travail conviviaux, et des outils collaboratifs performants. Une bonne ambiance, de la transparence et des valeurs partagées donneront aux Y l’envie de s’investir. N’hésitez pas à mettre en avant vos engagements sociétaux (solidarité, bénévolat, écologie) dans la vie de l’entreprise, car cette génération recherche un employeur dont elle peut être fière sur le plan éthique.
  • Offrir des opportunités d’évolution et de mobilité : Pour éviter que les Millennials ne partent chercher ailleurs de nouveaux challenges, donnez-leur la possibilité de grandir au sein de votre organisation. Mettez en place des parcours de carrière personnalisés et discutez régulièrement de leurs aspirations. Des politiques de mobilité interne attractives (changement de poste, de service, missions à l’étranger) sont un excellent moyen de retenir ces talents en assouvissant leur soif de nouveauté​. Proposez également des programmes de mentorat où un junior Gen Y peut être guidé par un senior (et inversement, pratiquer le mentorat inversé) afin de développer ses compétences. Le développement professionnel doit être au rendez-vous : budget formation, conférences, certifications… Montrez à vos salariés Y que vous investissez dans leur apprentissage sur le long terme, car ils veulent sentir que l’entreprise croit en eux et les aide à progresser.
  • Communiquer sur le sens et les perspectives : Enfin, soignez la communication vis-à-vis de la vision et de l’impact du travail de chacun. Expliquez en quoi le rôle du collaborateur contribue aux objectifs globaux de l’entreprise et, plus largement, à quelque chose d’utile. Par exemple, si votre produit ou service a un impact positif (amélioration de la vie des clients, innovation durable…), faites-le savoir. Vous pouvez impliquer les Gen Y dans des projets à fort impact ou leur confier le pilotage d’initiatives RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) afin de nourrir leur quête de sens. Un Millennial qui voit du sens dans ses missions et qui entrevoit une progression de carrière au sein de l’organisation aura de bonnes raisons d’y rester.

Génération Z : alignement des valeurs, innovation et bien-être au travail

  • Aligner l’entreprise sur les valeurs des jeunes talents : Pour séduire la Gen Z, une entreprise doit impérativement refléter authenticité et éthique. Assurez-vous d’avoir des engagements concrets en matière de développement durable (réduction de l’empreinte carbone, produits éco-conçus, etc.) et de diversité & inclusion (politique RH équitable, tolérance zéro pour les discriminations, initiatives en faveur des minorités…). Ces engagements doivent être visibles et sincères, car les Z détectent vite le “social washing”. Rappelons que très peu de Z sont prêts à travailler pour une organisation qui ne partage pas leurs valeurs essentielles​ – il en va donc de l’attractivité de votre marque employeur. Communiquez sur vos actions sociétales (par ex. via des rapports RSE, des posts sur les réseaux sociaux) pour montrer que vos valeurs ne sont pas que des mots. Vous attirerez ainsi des candidats Gen Z en résonance avec votre culture, et vous fidéliserez vos jeunes employés en leur donnant une raison supplémentaire d’adhérer à l’entreprise.
  • Prioriser le bien-être et la santé mentale : La réputation d’un employeur se joue aussi sur sa capacité à prendre soin de ses employés. Mettez en place des programmes de bien-être adaptés aux attentes des Z : soutien psychologique (ligne d’écoute, atelier de gestion du stress), promotion de l’équilibre vie pro/perso (droit à la déconnexion, charge de travail raisonnable), initiatives pour la santé physique (sport en entreprise, ergonomie des postes). Après la pandémie, les jeunes attachent une importance accrue à la qualité de vie au travail et à la sécurité sanitaire. Montrer que vous prenez ces sujets au sérieux renforcera la confiance et la loyauté de vos collaborateurs Gen Z. Par ailleurs, instaurez une culture managériale bienveillante : encourager l’expression ouverte (que les employés Z se sentent libres de parler de leurs difficultés), former les encadrants à repérer les signes de burnout, et valoriser une gestion humaine plutôt que strictement productive. En créant un environnement où le bien-être n’est pas un vain mot, vous diminuerez le turn-over de ces jeunes qui, sinon, n’hésitent pas à partir pour préserver leur santé mentale.
  • Offrir un travail flexible et des défis motivants : La Gen Z apprécie la flexibilité autant que ses aînés Y. Il convient donc de pérenniser les modes de travail hybrides (présentiel/distanciel) et d’offrir une certaine liberté dans l’organisation de leur temps, tant que le travail est fait. Vous pouvez par exemple permettre à un jeune talent de commencer plus tard le matin s’il préfère travailler en soirée, ou autoriser quelques semaines de « work from anywhere » (télétravail depuis l’étranger) si le poste le permet. En parallèle, donnez-leur de quoi satisfaire leur soif de nouveauté : proposez des projets innovants à conduire, intégrez-les dans des groupes de travail pluridisciplinaires, ou laissez-les tester de nouveaux outils et méthodes (les Z adorent essayer les dernières technologies et apporter des idées fraîches). Le but est de leur éviter l’ennui et la routine, qui sont des repoussoirs pour cette génération. Un parcours évolutif, où ils gagnent rapidement en compétences et en responsabilités, les incitera à se projeter durablement dans l’entreprise plutôt que de voir ailleurs.
  • Encadrement agile et feedback valorisant : Enfin, adaptez votre style de management pour correspondre aux attentes des Z. Positionnez le manager comme un mentor/coach qui guide sans micro-manager. Fixez des objectifs clairs (ils ont besoin de savoir ce qu’on attend d’eux), mais laissez-les expérimenter leurs propres façons d’y arriver – cela stimule leur autonomie et leur créativité. Organisez des points réguliers de feedback où l’on fait le bilan des réussites et axes d’amélioration : la Gen Z a grandi en cherchant des “likes” et des retours immédiats, donc dans le travail elle apprécie de savoir rapidement ce qui va ou non. Veillez à ce que ce feedback soit constructif et reconnaisse les efforts : un jeune collaborateur qui se sent valorisé (même pour de petits progrès) gagnera en engagement. En cas d’erreur, adoptez une approche pédagogique pour qu’ils apprennent plutôt que de les sanctionner durement – cela nourrit leur développement et leur loyauté. En somme, un management agile, communicant et valorisant est la clé pour garder motivés les talents de la Gen Z.

Génération Alpha : anticiper les attentes de la nouvelle vague

  • Intégrer les technologies émergentes dans l’environnement de travail : Pour préparer l’arrivée des Alphas, les entreprises doivent continuer à innover. Investissez dans les outils de pointe qui seront la norme demain : intelligence artificielle pour assister les collaborateurs, réalité virtuelle/augmentée pour la formation ou la collaboration à distance, automatisation pour les tâches répétitives… Créez un environnement technologique modulaire et à jour, afin que les futurs employés Gen Alpha retrouvent au travail les avancées qu’ils utilisent déjà dans leur vie quotidienne. Par exemple, implémenter un chatbot interne pour répondre aux questions courantes, ou des plateformes collaboratives immersives, enverra le signal que l’entreprise est en phase avec son époque. Cette modernité attirera les jeunes candidats pour qui il sera naturel d’évoluer aux côtés des intelligences artificielles et autres innovations.
  • Personnaliser les parcours et les motivations : La clé pour attirer et retenir la Gen Alpha sera de personnaliser l’expérience collaborateur. Concrètement, cela signifie proposer des parcours professionnels sur mesure : dès l’intégration, chercher à connaître les centres d’intérêt, forces et ambitions de l’individu, et adapter les missions en conséquence. On peut imaginer offrir aux nouveaux arrivants la possibilité de choisir certains projets ou de définir un plan de développement individualisé avec leur manager. De même, repensez vos programmes de formation : les Alphas, habitués aux contenus à la demande, apprécieront des formations modulaires, à leur rythme, via par exemple des plateformes e-learning ludiques. Sur le plan de la motivation, il faudra sans doute innover avec des systèmes de reconnaissance personnalisés (pas uniquement des promotions uniformisées tous les X ans, mais des récompenses ciblées sur ce qui les stimule, que ce soit des congés supplémentaires, la participation à une conférence internationale, etc.). En résumé, il s’agit de co-construire la carrière avec le collaborateur Alpha plutôt que de l’enfermer dans un moule prédéfini. Les entreprises qui parviendront à offrir cette flexibilité individuelle auront une longueur d’avance pour attirer ces profils exigeants.
  • Affirmer une mission d’entreprise responsable et transparente : Comme les Z, les Alphas attacheront une importance extrême aux valeurs de l’entreprise – peut-être même plus encore. Il est donc impératif de consolider dès aujourd’hui votre engagement sociétal. Travaillez votre démarche RSE en profondeur et communiquez-la avec transparence. Publiez vos progrès environnementaux, vos actions sociales, et impliquez éventuellement les jeunes dans ce dialogue (par exemple via des consultations en ligne, des ateliers innovation durable ouverts aux stagiaires et alternants actuels qui sont de futurs Alphas). Cette génération à venir voudra des preuves tangibles de l’éthique de l’entreprise. Par ailleurs, préparez-vous à être à l’écoute active de leurs feedbacks : les Alphas auront grandi en donnant leur avis en temps réel sur les plateformes en ligne, ils attendront donc d’une entreprise qu’elle soit tout aussi réactive aux suggestions ou critiques de ses employés. Créer dès à présent une culture d’amélioration continue participative vous aidera à répondre à ces attentes. En somme, développez une identité d’employeur responsable, ouverte et transparente – c’est un investissement sur l’avenir pour séduire la génération Alpha.
  • S’adapter en continu aux nouvelles attentes : Dernier conseil transversal, sans doute le plus important : cultivez l’agilité organisationnelle face aux tendances émergentes. La Gen Alpha fera évoluer les normes tout au long de son arrivée sur le marché du travail. Les entreprises doivent donc rester en veille et prêtes à ajuster leurs politiques RH. Par exemple, si d’ici 5-10 ans le travail en mode projet court terme ou le mi-temps généralisé deviennent la norme chez les jeunes, soyez prêts à l’adopter. De même, anticipez l’importance de l’éducation continue : les Alphas vivront dans un monde où il faudra se former en permanence, donc peut-être que l’entreprise de demain offrira carrément des cursus diplômants en interne ou des congés formation étendus. En bref, gardez une longueur d’avance en testant de nouvelles pratiques de management et d’organisation avant même que la génération Alpha ne les réclame. Les entreprises qui sauront s’adapter aux envies de cette nouvelle génération auront toutes les chances d’attirer et retenir ces futurs talents​.

Ce qu’il faut en retenir

En réunissant trois générations (bientôt quatre avec les Alphas) sous le même toit, le monde professionnel a plus que jamais besoin d’adaptabilité. Chaque génération – X, Y, Z, Alpha – apporte son lot de forces et de défis. Plutôt que de céder aux stéréotypes ou de privilégier une génération au détriment des autres, les organisations gagnent à mettre en place une gestion intergénérationnelle inclusive. Cela passe par la compréhension mutuelle (former les équipes aux différences de modes de fonctionnement), la flexibilité dans les politiques RH, et l’innovation managériale pour répondre aux nouvelles attentes. En tenant compte des tendances de fond du marché du travail (digitalisation, quête de sens, bien-être…), les entreprises pourront non seulement attirer des talents de tous âges, mais aussi les fidéliser en créant un environnement où chacun trouve sa place. Le défi est aussi passionnant que stimulant : il s’agit de construire l’entreprise de demain, avec l’apport de l’expérience des X, de l’énergie collaborative des Y, de la créativité engagée des Z et, bientôt, de la vision novatrice des Alpha. En adoptant les bonnes stratégies dès aujourd’hui, les employeurs jettent des bases solides pour une performance durable et collective, portée par la diversité générationnelle.

Pour compléter cet article :
Attirer et intégrer la génération Z en entreprise : comprendre leurs attentes et réinventer le recrutement
Les clés du management intergénérationnel : enjeux et solutions
L’apprentissage en mode projet : format idéal pour la génération Z ?
Génération Z : comment ne pas les stigmatiser et mieux les recruter
Génération Z, le nouveau visage du management

2025-03-12T08:00:53+01:007 mars 2025|Catégories : Conseil, ETI, GE, PME, TPE|Mots-clés : , , , , |0 commentaire

La gestion de la diversité générationnelle en entreprise : enjeux et stratégies

La présence simultanée de plusieurs générations dans les entreprises constitue aujourd’hui un enjeu crucial pour la performance organisationnelle. Avec les Baby Boomers, les générations X, Y (Millennials) et Z partageant le même espace professionnel, les différences d’attentes, de modes de communication et de rapport au travail exigent des stratégies adaptées. L’objectif est de transformer cette diversité en un atout pour l’innovation, la cohésion et la résilience de l’entreprise. Nous allons approfondir cet enjeu sous les angles du recrutement, du management et de l’organisation interne.

Les besoins et attentes des générations : un éclairage préalable

Chaque génération a évolué dans un contexte socio-économique distinct, influençant ses priorités et aspirations professionnelles. Les Baby Boomers (1946-1964) valorisent avant tout la stabilité et la reconnaissance, apportant une expérience précieuse et une mémoire institutionnelle riche. La génération X (1965-1980), souvent perçue comme pragmatique, recherche un équilibre entre vie personnelle et professionnelle tout en s’impliquant activement dans des projets stables et rémunérateurs. Les Millennials ou génération Y (1981-1996), très tournés vers l’autonomie et le sens au travail, sont sensibles à l’impact sociétal des entreprises. Enfin, la génération Z (après 1997), née avec les technologies digitales, recherche flexibilité, inclusion et valeurs fortes, tout en exigeant une communication instantanée et transparente.

Le recrutement face à la diversité générationnelle

Les stratégies de recrutement doivent refléter une compréhension approfondie et nuancée des différents besoins générationnels. Les Baby Boomers, par exemple, sont souvent séduits par des propositions mettant en avant la stabilité de l’emploi, la reconnaissance professionnelle et des avantages à long terme, tels que des plans de retraite bien établis. En revanche, les Millennials et la génération Z attachent une importance particulière aux initiatives éthiques des entreprises, à l’impact sociétal de leur travail, ainsi qu’à des opportunités d’épanouissement personnel.

Pour atteindre efficacement ces groupes, il est indispensable de diversifier les canaux de recrutement. Les Baby Boomers s’appuient encore largement sur les réseaux professionnels traditionnels et les offres publiées sur des plateformes formelles, tandis que les Millennials et la génération Z sont plus enclins à explorer des médias sociaux comme LinkedIn, Instagram ou même TikTok, qui offrent une approche dynamique et visuelle des opportunités de carrière.

Au-delà des simples annonces, des stratégies innovantes comme le mentorat inversé peuvent jouer un rôle essentiel. Ce type de programme non seulement attire les talents mais encourage aussi une interaction enrichissante entre les générations. Les jeunes collaborateurs partagent leurs compétences en matière de digitalisation et de nouvelles technologies, tandis que leurs homologues plus expérimentés transmettent des connaissances stratégiques et historiques, créant ainsi une dynamique d’échange bénéfique à l’ensemble de l’organisation.

Par ailleurs, des descriptions de poste personnalisées peuvent répondre aux attentes spécifiques. Les Baby Boomers apprécient une hiérarchie claire, alors que les Millennials et la génération Z cherchent des organisations plus horizontales avec des opportunités de création et d’innovation.

Le management intergénérationnel : un levier de cohésion

Pour qu’une entreprise prospère, elle doit exploiter pleinement la diversité générationnelle au travers de son management. Cette exploitation repose avant tout sur une compréhension fine des spécificités de chaque génération et sur l’établissement d’un dialogue respectueux et adapté.

La communication est un élément central de cette approche. Les Baby Boomers, souvent attachés à des modes de communication traditionnels comme les réunions en présentiel et les courriels formels, présentent des besoins différents de ceux des Millennials et de la génération Z, qui favorisent les applications de messagerie instantanée et les réseaux sociaux. La capacité du manager à adopter des outils variés et à ajuster son approche en fonction de ses interlocuteurs est donc essentielle pour prévenir les malentendus et favoriser l’adhésion.

Au-delà de la communication, le mentorat joue un rôle stratégique dans la construction de liens entre générations. Le mentorat inversé, par exemple, où des jeunes collaborateurs partagent leurs compétences numériques avec leurs pairs plus âgés, offre une double opportunité : il valorise les jeunes talents tout en permettant aux plus expérimentés de rester à la pointe des nouvelles technologies. Réciproquement, les plus âgés peuvent transmettre leur expertise sectorielle et leurs compétences en gestion de crise, éléments cruciaux dans un environnement en constante mutation.

Un autre axe de cohésion repose sur la reconnaissance des contributions spécifiques de chaque génération. Cette reconnaissance ne se limite pas à des récompenses financières, mais inclut également des opportunités de formation adaptées, des projets stimulants et des programmes de bien-être. Les Millennials et la génération Z, par exemple, apprécient les possibilités de développement personnel et les initiatives liées à la responsabilité sociale de l’entreprise, tandis que les Baby Boomers valorisent davantage la stabilité et la reconnaissance de leur loyauté.

Enfin, la flexibilité organisationnelle est essentielle pour intégrer harmonieusement ces différentes générations. Cela peut inclure la mise en place d’horaires adaptés, la possibilité de télétravail ou encore des congés spéciaux pour des besoins familiaux ou personnels. Ces mesures non seulement répondent aux attentes des collaborateurs, mais renforcent également leur engagement envers l’organisation.

En adoptant une approche de management basée sur l’écoute, l’adaptabilité et la valorisation des compétences intergénérationnelles, les entreprises peuvent créer un environnement de travail collaboratif et innovant, où chaque individu trouve sa place et contribue activement au succès collectif.

Organisation et culture inclusive

Une organisation inclusive repose sur des pratiques structurelles et culturelles qui permettent à chaque génération de trouver sa place et de contribuer pleinement. L’un des premiers piliers est la flexibilité au travail. En permettant des aménagements spécifiques, comme des horaires ajustés pour les jeunes parents (générations X et Y) ou des contrats à temps partiel pour les Baby Boomers en fin de carrière, les entreprises montrent leur volonté de s’adapter aux différentes phases de vie de leurs collaborateurs. Cette flexibilité peut également s’étendre à des options de télétravail, particulièrement appréciées des Millennials et de la génération Z, qui recherchent un équilibre entre vie professionnelle et personnelle.

La mise en place d’équipes intergénérationnelles constitue un autre levier pour tirer parti de la diversité. Ces équipes favorisent l’échange de perspectives variées, combinant l’expérience des collaborateurs plus âgés avec la créativité et les compétences technologiques des plus jeunes. Cependant, pour garantir leur efficacité, les entreprises doivent accompagner ces équipes par des formations sur la gestion des conflits et la valorisation des différences. Ces formations permettent de briser les stéréotypes générationnels et de renforcer la collaboration.

Les espaces de travail jouent également un rôle crucial. Créer des environnements adaptés à tous, en intégrant par exemple des espaces de coworking collaboratifs pour les générations plus jeunes et des zones plus calmes pour les Baby Boomers, contribue à une atmosphère inclusive. L’utilisation de technologies accessibles et faciles à utiliser pour toutes les générations est essentielle pour éviter une fracture numérique au sein de l’entreprise.

Enfin, une culture inclusive ne peut se construire sans un engagement clair de l’entreprise en faveur de la diversité. Cet engagement se traduit par des initiatives éthiques et sociétales qui résonnent particulièrement auprès des jeunes générations, comme des programmes de responsabilité sociale d’entreprise (RSE), mais également par la reconnaissance explicite des contributions uniques de chaque génération. Une telle reconnaissance peut inclure des célébrations d’anniversaires professionnels ou des cérémonies honorant les longues carrières, tout en mettant en avant les réussites des plus jeunes.

En fin de compte, une organisation inclusive est celle qui valorise chaque génération pour ses forces spécifiques tout en créant des passerelles entre elles. En investissant dans des politiques d’inclusion bien pensées, les entreprises non seulement renforcent la satisfaction et la fidélité de leurs collaborateurs, mais se dotent également d’un avantage concurrentiel durable.

Ce qu’il faut en retenir

Gérer la diversité générationnelle n’est pas une simple obligation, mais une véritable opportunité stratégique pour les entreprises. En intégrant des pratiques inclusives dans les domaines du recrutement, du management et de l’organisation interne, il est possible de transformer les différences générationnelles en un moteur de performance collective. Chaque génération, avec ses forces et ses spécificités, peut contribuer à l’innovation et à l’adaptabilité organisationnelle.

Cependant, l’intégration ne doit pas se limiter aux générations actuellement en activité. L’émergence de la génération Alpha (née à partir de 2010), déjà influencée par des technologies avancées et une conscience accrue des enjeux environnementaux, doit également être anticipée. Cette génération apportera des perspectives inédites, une aisance encore plus marquée avec le numérique et des attentes fortes en matière de durabilité et d’éthique.

Les entreprises qui sauront préparer cette transition générationnelle en développant des environnements de travail inclusifs et évolutifs disposeront d’un avantage compétitif durable. En renforçant les liens intergénérationnels, elles bâtiront des organisations capables de prospérer dans un monde en constante mutation.

Pour aller plus loin
> L’apprentissage en mode projet : format idéal pour la génération Z ?
> Comment intégrer en 6 points les « Z », avec les générations précédentes
> Génération Z : comment ne pas les stigmatiser et mieux les recruter
> Comment vendre à la génération Z ?

2024-12-09T11:24:11+01:008 décembre 2024|Catégories : ETI, GE, Management, PME, TPE|Mots-clés : , , |0 commentaire

Que faire pour manager et garder les moins de 30 ans ?

Entre quête de sens, urgence climatique, désirs sur-mesure et nouvelles formes de travail, le dialogue n’est pas toujours simple entre managers et jeunes recrues. Qu’attendent-ils, au juste, de leur métier ? Et de leur entreprise ? Qu’espèrent-ils accomplir ? Nos clés pour y voir plus clair.

Ils sont en quête de sens, aiment les marques responsables et engagées mais continuent de rejoindre en nombre les grands groupes. Ils sont prêts à tout pour défendre leur santé mentale et à se protéger du burn out mais beaucoup rêvent d’entrepreneuriat ou de travail en freelance – pas tout à fait des promenades de santé. Depuis la rentrée, ils rechignent à renoncer au télétravail, mais la vie de bureau normale leur manque.

Aux yeux des managers, les salariés de moins de 30 ans ont parfois des attentes contradictoires. Faute de repères, leur recrutement et leur « fidélisation », selon le jargon consacré, relève parfois du casse-tête. Ces jeunes pousses sont pourtant loin d’être en rupture : 80% des 18-30 sont satisfaits de leur vie professionnelle et sont attachés au travail, comme aux valeurs auxquelles il est associé – l’effort, le mérite, l’initiative ou la responsabilité. Voilà les grandes lignes du portrait que dressent Frédéric Dabi et Stewart Chau, directeur général de l’Ifop et directeur des enquêtes d’opinion chez Viavoice, dans La Fracture (1), somme d’enquêtes et de sondages menés auprès des moins de 35 ans. « On est très loin d’une génération qui se détourne du travail salarié, souligne Stewart Chau, mais cela cache un mouvement global de redéfinition du lien entre jeunes et entreprises. » Lequel repose sur deux piliers : une exigence accrue envers les sociétés et une volonté farouche, chez les jeunes, de faire changer les choses. Souvent par une foule de détails quotidiens, parfois discrets mais qui changent tout, petit à petit. Et donnent aux managers les clés pour satisfaire ces jeunes salariés.

Les laisser respirer

Du temps libre : voilà LA quête de la génération 18-30 ans, leur désir le plus fort et, à leurs yeux, la clé pour être heureux. « Alors que tous les aspects de notre vie sont soumis à l’urgence, qu’on est constamment sollicité et bombardé d’informations, le temps pour soi devient le sésame le plus précieux », explique Stewart Chau. En 2007, avoir le temps de « profiter de la vie » importait à 31% des jeunes. En 2021, ils sont 42% à citer ce critère, devenu le deuxième le plus important, après une famille heureuse, pour « une vie réussie ». Est-ce à dire que les 18-30 ans de 2021 veulent travailler moins ? Pas forcément. En revanche, ils commencent leur carrière à une époque où le burnout, le harcèlement moral ou le management toxique font partie du langage courant. Sensibilisés, ils sont peut-être plus vigilants à leur santé. « Ils sont surtout très lucides sur l’imbrication, pas forcément heureuse mais nécessaire, de leurs vies professionnelle et personnelle. Cette génération sait parfaitement que tout ne s’arrête pas quand ils quittent le bureau. »

Entremêler pro et perso

Et ils l’acceptent, à condition qu’on les autorise à faire de même. Puisque le travail les suit chez eux – parfois jusque dans leur lit avec des mails tardifs – ils réclament le droit de venir au bureau avec leur vie privée. « Les jeunes salariés d’aujourd’hui dépassent la conciliation et inventent la réconciliation des temps de vie, pro et perso, souligne Stewart Chau. Ils ne veulent plus seulement avoir l’un à côté de l’autre, dans deux espaces-temps hermétiques, mais l’un avec l’autre. »

Concrètement, ils n’hésitent pas à s’absenter dans la journée pour faire, dans le quartier de leur bureau, ce qu’on fait habituellement près de chez soi : aller à la salle de sport ou à un rendez-vous médical, récupérer un colis, faire une course, visiter un appartement ou même un rendez-vous rapide avec un proche. « Cela implique un énorme besoin de flexibilité, à tous les niveaux, poursuit Stewart Chau. Ce besoin n’est pas propre aux jeunes, mais ils en sont à l’avant-garde, ils en font la nouvelle norme et influencent les autres salariés. C’est très lié à l’adhésion massive des jeunes au libéralisme : au bureau, ils veulent de la liberté. »

Être (hyper) à l’écoute

« Individuelle », pourrait-on ajouter. Car les salariés de moins de 35 ans n’attendent pas de la flexibilité appliquée à tous, mais sur-mesure. « On note l’idée que la réconciliation des temps de vie se fait à partir de l’expérience de chacun, précise Stewart Chau. Si l’employeur en impose les termes, ça ne fonctionne pas. L’idée, c’est « JE définis, pense et organise ma réconciliation pro-perso ». C’est sur ce point que les jeunes sont le plus à l’avant-garde et qu’ils influencent leur environnement. » Face aux managers censés appliquer de nouvelles règles de télétravail ou de flex office, les jeunes recrues montent donc au créneau pour faire valoir leurs spécificités, leurs besoins et leurs envies. Et obligent du même coup leurs chefs à repenser le travail collectif, les critères d’évaluation ou la relation manager-managé.

Boire un verre

Laquelle se construit aussi au bistrot du coin, passées 19 heures. 43% des moins de 35 ans boivent régulièrement un verre avec leurs collègues près du bureau, contre à peine un quart des plus de 50 ans. Une tendance à trinquer qui, davantage qu’un goût prononcé pour la boisson, traduit un besoin de se connaître vraiment. Les jeunes salariés ressentent et recherchent, davantage que leurs aînés, un sentiment d’appartenance collective, aussi bien dans le travail que sur un terrain personnel. Pour les jeunes salariés, le bureau est un lieu où, en plus d’exercer son métier, on s’exprime, on défend ses valeurs et ses engagements.

« Plus qu’un agrégat de compétences, ils considèrent l’entreprise comme une réelle communauté humaine », résume Stewart Chau. 33% des jeunes – contre 26% en moyenne – attendent ainsi de la bienveillance de leur entreprise, et 43% – contre 36% – de la solidarité. À leurs yeux, le bureau est un lieu de vie et d’engagement collectif, où chacun partage le souci du progrès et du bien-être de tous. D’où l’importance de liens solides, presque amicaux, parfois intimes, avec leurs collègues. Les 18-30 ans veulent en fait que leur ambiance de travail, tout comme la nature de leur métier, soit source de sens et de plaisir. Utopistes ? Peut-être, aux yeux des plus âgés. Mais il y a fort à parier que les jeunes rejetteraient tout net cette étiquette. Car, s’ils sont exigeants, ils sont aussi plus fiers, plus heureux et plus attachés à leur travail que leurs aînés. En clair : pour peu qu’on leur donne ce dont ils ont besoin, les 18-30 pourraient bien être plus épanouis et plus engagés. Au bénéfice, aussi, des entreprises.

Source : Figaro

2022-04-23T19:14:47+02:0023 avril 2022|Catégories : Management, RH|Mots-clés : , , , |0 commentaire

Génération Z, le nouveau visage du management

Plus d’une soixantaine de dirigeants d’Occitanie ont participé au débat organisé par « Midi Libre » autour de la génération Z.

Qelles solutions pour manager la génération Z, ces jeunes ou futurs salariés nés à partir de 1995 ? C’était le thème du grand débat organisé jeudi 4 avril par Midi Libre au siège du journal à Saint-Jean-de-Védas, en présence de plus d’une soixantaine de dirigeants d’entreprise d’Occitanie, en partenariat avec Francis Cholle, fondateur de la société de conseil en management stratégique The human company, et Véronique Miramond, directrice générale d’Agorami.fr.

Les changements de règles à concevoir

Ce vaste sujet d’actualité a permis, entre autres, d’aborder, témoignages à l’appui, « les changements de règles à concevoir » dans la manière de manager cette génération qui « cherche avant tout une entreprise qui leur va bien et qui répond à leur éthique », souligne Alyne Bouix, présidente régionale de l’association Femmes 3000 qui promeut la place des femmes dans la vie publique, économique et sociale.

Avec 48 % de jeunes qui ont déjà quitté à moins de 30 ans leur premier poste en entreprise, « il est important aujourd’hui d’essayer, pour les garder, de répondre au mieux à leurs valeurs », déclare Sophie Garcia, la présidente régionale du Médef. Mais cette mobilité peut être aussi « perçue de façon positive, assure Magdalena François-Thurin, directrice exécutive de Montpellier business school. Car ces jeunes considèrent qu’il y a une vraie respiration à passer d’une entreprise à l’autre. »

Autrement dit, le mot d’ordre pour les dirigeants est aujourd’hui de savoir s’adapter. « Et cela passe par des changements de postures managériales, explique la DRH régionale du groupe Veolia. Il faut changer nos méthodes si on veut que ces jeunes restent dans l’entreprise. »

Pour « plus de transversalité et de collaboration »

Mais qu’est-ce qui doit changer ? « Ces nouveaux salariés attendent plus de transversalité et de collaboration. Ils veulent qu’on leur donne des objectifs, et surtout qu’on soit transparent avec eux, sinon ça ne marche pas », indique Alyne Bouix, avant d’ajouter : « Ils sont cash ! Ils vous disent ce qu’ils pensent. Cela peut surprendre certains dirigeants, mais au moins la relation est claire et les critiques peuvent être dès lors plus constructives. »

C’est ce qu’a bien compris, semble-t-il, Stéphanie Andrieu, la directrice générale d’Urbasolar, entreprise montpelliéraine qui construit et exploite des centrales solaires photovoltaïques en France et à l’étranger, et dont la moyenne d’âge des salariés est de 35 ans.

« Nous prenons en considération, notamment, leur situation familiale et leurs demandes en termes de vie sociale hors entreprise. C’est en se sentant bien dans une structure qu’on est le plus performant. » D’ailleurs, la dirigeante confie que la société a pour principe « d’expliquer chaque mois à tous ses salariés ce qu’elle fait et ce vers quoi elle tend », et cela afin que « chacun se retrouve dans les objectifs ». Et puis, afin de maintenir une cohésion d’équipe,  » nous avons créé un Afterwork qui se traduit par des activités de loisirs ou de sport menées ensemble, et parfois même par des voyages à l’étranger, tout ça sans jamais parler boulot ».

Le bien-être au travail

Il faut croire que le bien-être au travail demeure, pour nombre de dirigeantes présentes à la soirée, une notion importante. Ce que confirme d’ailleurs le docteur Ruth Nevesny, présidente de Gnosis santé : « Santé et entreprise avancent désormais ensemble et cela tout simplement parce que l’entreprise doit être avant tout un territoire de bien-être et de santé, et non pas un endroit de démolition ! »

Source : Midilibre.fr

2023-02-04T12:33:56+01:009 avril 2019|Catégories : ETI, GE, Management, PME, Recrutement, TPE|Mots-clés : , , , , , , |0 commentaire

Management des millennials : entre initiative et encadrement

Parce qu’il existe une culture et des méthodes de travail propres à chaque génération, les entreprises doivent trouver des modes de management intergénérationnel pour instaurer une collaboration harmonieuse et efficace entre les équipes. Par Thomas d’Hauteville, cofondateur d’Innership

Chaque nouvelle génération est perçue comme rebelle par celle qui l’a précédée. En son temps, Socrate disait déjà : « Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge ». Si le constat s’est, depuis, répété, il y a au moins trois nouveautés propres aux millennials : le digital, un nouveau rapport au travail et une accélération des changements dus aux nouvelles technologies. Ces évolutions s’entremêlent et ont pour conséquence la remise en cause du modèle de carrière unique chez une partie des collaborateurs de cette génération et l’émergence de nouvelles façons de travailler.

Trouver un équilibre entre responsabilité et autonomie

Nouveaux venus sur le marché du travail, les millennials apportent un dynamisme et certaines méthodes innovantes, bénéfiques aux entreprises. Mais, pour parvenir à travailler avec le reste des équipes et pouvoir prétendre rapidement à des responsabilités, il importe que ces jeunes collaborateurs intègrent au préalable certains usages du secteur dans lequel ils s’insèrent.

Face à une nouvelle génération de collaborateurs, toute la difficulté pour les managers est de parvenir à trouver un équilibre entre leurs ambitions et cet apprentissage préalable qu’ils doivent faire. Car donner trop rapidement de l’autonomie à de nouveaux collaborateurs qui ne maîtrisent pas encore l’environnement de travail risque de les exposer à des incompréhensions ou erreurs de jugement. Il faut donc d’abord leur donner un certain cadre, afin qu’ils prennent le temps, non seulement de connaître les valeurs de l’entreprise, mais aussi de se connaître eux-mêmes. Des rôles et responsabilités clairs, des jalons de revue et de validation formalisés, ou encore des feedbacks réguliers sont autant d’outils qui permettent de préciser ce cadre.

De l’importance du manager

Apprendre à se connaître doit permettre aux jeunes collaborateurs d’être à la fois lucides sur leurs compétences et leurs points d’amélioration. Cette démarche, qui leur incombe, leur permet en retour d’accepter plus facilement la légitimité d’un manager qui a des choses à leur apporter, même si son style est plus traditionnel. Être responsabilisé dans cette recherche de développement professionnel est également plus motivant, car elle pousse les millennials à aller chercher les feedbacks nécessaires pour se donner les moyens de leurs ambitions.

De leur côté, les managers doivent s’habituer à la façon de travailler de ces nouveaux collaborateurs. Une partie des millennials a, par exemple, tendance à travailler de façon transversale, en puisant dans l’intelligence collective, quitte à casser les silos entre les départements de l’entreprise. Les managers doivent donc accepter de perdre un peu de leur contrôle pour laisser aux millennials l’autonomie nécessaire pour déployer ce talent efficacement et développer leur potentiel d’innovation.

Cette relation d’échange entre manager et managé a de beaux jours devant elle, car elle permet de bâtir des ponts entre les générations et de cadrer les millennials dans une approche qui n’est pas trop directive. En parallèle, l’on assiste également à l’essor — ou plutôt au retour — du mentorat, autre forme de duo intergénérationnel capable de générer une grande valeur.

Les forces éclipsent les faiblesses

Lors de la mise en œuvre de nouveaux processus, projets ou changements, les entreprises doivent s’autoriser une phase d’exploration pour laisser place à l’initiative, même avec son lot d’échecs. Il y a un équilibre nécessaire à trouver dans le management des nouvelles équipes entre trop et pas assez d’autonomie. L’important est que le manager sache être agile : qu’il puisse reconnaître, malgré les difficultés indéniables, les forces de cette nouvelle génération.

À ce titre, une démarche intéressante est la « démarche appréciative » : au lieu de se cristalliser sur des problèmes à résoudre, mieux vaut concentrer son énergie sur les points forts, afin de les développer de telles sortes qu’ils éclipsent les faiblesses. Dans la relation entre managers et millennials, cette approche peut être utile pour se concentrer sur la force d’innovation de cette nouvelle génération.

Les millennials qui arrivent dans une entreprise doivent apprendre les processus préexistants pour bien collaborer avec le reste des équipes. Trouver le juste équilibre entre continuité et innovation passe par une bonne communication où le rapport direct entre manager et managé est primordial afin de tirer le meilleur des deux mondes.

Source : latribune.fr

2019-02-19T11:38:47+01:0019 février 2019|Catégories : Coaching, ETI, GE, Management, PME, TPE|Mots-clés : , , , , |0 commentaire

Quel manager pour les Millennials ?

Jam, en partenariat avec Les Echos START, a tenté de dresser le portrait-robot du manager idéal des Millennials. Ces derniers cherchent d’abord un mentor capable de les former et attentif à leur bien-être, tout en conservant une certaine distance formelle.

Quel manager les Z et les Millennials veulent-ils ? C’est la question à laquelle Jam, le chatbot sur Messenger qui sonde chaque jour des jeunes âgés de 15 à 25 ans sur des questions de société, a voulu répondre dans son étude “Millennials : mode d’emploi”*, que Les Echos START publient en exclusivité.

Manager ou “manageuse”, les trois quarts des jeunes n’accordent que peu d’importance au sexe. Parmi ceux qui marquent une préférence, les femmes remportent la bataille, plébiscitées par 16% des sondés, contre 10% pour le sexe opposé.

Les jeunes cherchent d’abord un mentor, capable de leur apporter des compétences (40%). “Cela nous permet d’évoluer, de gagner en autonomie et en crédibilité dans notre travail”, indique une étudiante à Bordeaux, qui a commenté sa réponse sur Jam.

Des compétences pour s’améliorer, mais pas seulement : 23% des jeunes veulent que leur manager soit à leur écoute. “Le travail représente une part considérable de notre vie, donc c’est très important de pouvoir trouver une oreille attentive lorsque l’on se sent débordé par une situation, perdu ou que l’on désire aller plus loin. Je pense qu’il est plus important de trouver un guide inspirant plutôt que juste une référence technique ou administrative”, explique un jeune actif parisien.

Arrive en troisième position, pour 16% des jeunes, le “cadre structurant”. “Cela change tout. Si on a la chance de travailler dans des conditions optimales, on ne peut qu’être plus épanoui et productif”, explique une jeune Niçoise. Et d’ajouter : “j’ai travaillé dans différentes entreprises, certaines m’ont apporté de l’expérience et d’autres de l’écoute, mais en soit, c’est un peu le but d’une entreprise. On repart toujours avec l’un ou l’autre.”

Le vouvoiement reste la règle

“Le bien-être d’un employé reflète un bon environnement de travail et est facteur de productivité”, assure de son côté une étudiante à Baisieux, dans le Nord. Comme elle, 32% des jeunes perçoivent la “bienveillance” comme la qualité suprême d’un manager. Derrière, ils veulent un patron “reconnaissant” et “inspirant”, critères qui récoltent chacun 21% des réponses. Le management à la dure ne semble plus avoir sa place : seuls 4% des jeunes perçoivent “l’exigence” comme étant la qualité la plus appréciable chez un boss. Ce manager en plus d’être bienveillant doit proposer des missions intéressantes. Dans la recherche d’un job, les jeunes regardent surtout ce critère (28%), qui surpasse même l’attractivité du salaire (24%).

Enrichissant, proche d’eux et à l’écoute, le manager 2.0 doit placer l’évolution de son équipe au cœur de ses préoccupations… tout en gardant une certaine distance. L’effet startup n’a pas encore bouleversé les codes de la hiérarchie formelle : pour plus d’un jeune sur deux, le vouvoiement reste la règle avec leur patron.

La plupart des sondés recherchent néanmoins une relation équilibrée avec leur manager, entre le professionnel et le personnel (60%). Ils ne sont que 24% à préférer entretenir uniquement une relation pro avec leur chef. Autrement dit, ce dernier n’est pas un pote, mais rien n’empêche non plus de se retrouver autour d’un verre et de se confier. “Il faut qu’il y ait un échange, et bien être à l’écoute de l’autre”, conclut un jeune employé à Valognes en Normandie. Alors managers, prêts à remplir tous ces critères pour plaire à ces chers Millennials ?

*Jam interroge 2.000 à 10.000 jeunes à chaque récolte. Les réponses sont triées sur un échantillon représentatif anonymisé de 1.000 personnes (selon la méthode des quotas basés sur les chiffres de l’INSEE)

Source : lesechos.fr

Les nouveaux codes du management

Fini les managers ? Pas forcément. Mais ils doivent évoluer vers un rôle moins autoritaire et plus proche de celui de fournisseur d’information et de bien-être au travail.

À l’heure du travail collaboratif, les jours du management pyramidal sont comptés. Pour attirer les jeunes talents et les fidéliser, les entreprises n’auront d’autre choix que de miser sur l’intelligence collective en laissant les individualités exprimer leur créativité, en toute autonomie. De quoi répondre aux attentes des générations Y (nées dans les années quatre-vingt et le milieu des années quatre-vingt-dix) et Z (nés entre la fin du précédent siècle et le début du xxie siècle). La réalisation de soi ne passe plus par le travail mais par des éléments personnels comme la quête de sens.

Pour les diplômés des grandes écoles, l’intérêt du poste est même un critère primordial tandis que la rémunération est classée dans les derniers, selon un sondage du Boston Consulting Group, d’Ipsos et de la Conférence des grandes écoles réalisé cette année. Au niveau du management, Y et Z sont demandeurs de méthodes plus collaboratives, d’un développement en continu des compétences et d’une organisation plus flexible. Ces attentes vont contribuer à remettre en question l’autorité des managers qui vont y perdre en pouvoir. Pour être reconnus par leurs cadets, ils devront leur apporter une vraie valeur.

« La fonction de manager est appelée à changer », prévoit Paul Gratian, psychologue du travail au sein de Sentimy. Cet éditeur de logiciels propose la plateforme RH Supermood pour mesurer l’engagement et le bien-être des salariés. « Les managers doivent avoir les compétences nécessaires pour organiser le travail, faire travailler ensemble les membres de leur équipe et s’occuper de leur bien-être. »

Des enjeux bien compris par Unow, une startup qui compte parmi les utilisateurs de cette plateforme. Cette jeune pousse innove en délivrant aux entreprises des Mooc (Massive Open-source On-line Courses, cours en libre accès sur Internet) consacrés à la formation professionnelle de leurs salariés. « Notre entreprise existe depuis cinq ans. Nous sommes passés de trois à 40 collaborateurs, dont la moyenne d’âge se situe autour de 29 ans », indique Pierre Monclos, DRH et directeur éditorial de Unow.

Donner de l’autonomie aux salariés

Chaque année, l’entreprise embauche une dizaine de nouvelles recrues en quête de sens au travail et auxquelles elle demande d’avoir une forte autonomie. Dans cette perspective, la société leur donne un cadre et des outils numériques afin de partager les méthodes de travail et les avis de chacun. Ce qui favorise l’entraide et donc l’autonomie. Par ailleurs, les employés sont régulièrement évalués par leurs managers mais aussi par leurs pairs sur les forces et les faiblesses de leurs compétences métiers et comportementales, comme la gestion du stress, la prise de parole, la créativité ou encore le sens de l’innovation.

« Ce type d’évaluation correspond aux attentes des générations Y et Z qui veulent aussi s’impliquer dans les projets RH de l’entreprise et dans le développement des produits », rapporte Pierre Monclos. La société n’est pas le seul acteur des edtech à opter pour un management plus autonome des collaborateurs. 360Learning va même un cran plus loin en délégitimant l’autorité du manager. À la place, elle propose un modèle d’organisation fondé sur l’autonomie, la confiance, la transparence des collaborateurs.

Un modèle d’entreprise responsabilisant

Donner plus de pouvoir aux salariés n’est pas spécifique aux entreprises edtech. Des sociétés opérant sur des secteurs aussi traditionnels que le transport ou la sécurité ont aussi sauté le pas. En témoigne GT Location. Ce groupe spécialisé dans la location de véhicules avec conducteurs pour le transport de marchandises a adopté il y a six ans un modèle d’entreprise dit responsabilisant. « Notre organisation donne toutes les capacités de décision aux équipes opérationnelles, de sorte que ceux qui savent décident sans avoir à en référer à leur supérieur », explique Michel Sarrat, PDG de GT Location. L’entreprise s’est employée à accompagner pendant plusieurs mois ses managers en organisant notamment des sessions de prise de parole de manière à ce qu’ils acceptent de faire évoluer leur rôle de chef et de donneur d’ordres vers celui de fournisseur de ressources et d’informations. « Les relations sont fondées aujourd’hui sur la confiance, sachant que plus on s’appuie sur l’intelligence du plus grand nombre mieux l’entreprise se porte », indique Michel Sarrat qui a réussi à stabiliser ses équipes dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, notamment de chauffeurs.

Le pouvoir aux mains des salariés

Même problématique rencontrée par le Groupe SGP, spécialisé en sécurité privée, qui compte plus de 450 agents de sécurité dont un peu plus de 50 % ont moins de 35 ans. Autre caractéristique, sa forte croissance du chiffre d’affaires lui a valu une place au palmarès des entreprises françaises aux plus fortes croissances en 2017 et 2018. Cette progression est d’autant plus remarquable que Florian Pette, son président et fondateur, a pris en 2015 la décision de rejoindre le mouvement des entreprises libérées. En d’autres termes, il a remis son pouvoir hiérarchique entre les mains de ses salariés, de sorte que les décisions soient prises de manière collégiale.

Une innovation en rupture avec le mode de management pyramidal jusque-là pratiqué dans le secteur de la sécurité. Grâce à cette stratégie, les équipes s’organisent elles-mêmes sur le terrain et gèrent leur planning sous l’encadrement d’un leader qui peut être désigné par les membres de son équipe en accord avec le client. De quoi favoriser la cohésion des troupes et libérer la créativité des collaborateurs ainsi que des jeunes recrues dont c’est souvent le premier travail. « À leur arrivée, ils valident un parcours d’intégration et sont longuement accompagnés par le manager de proximité qui va les voir régulièrement afin de vérifier qu’ils ont bien tous les outils nécessaires à leur prise d’autonomie », explique Sonia Chateaux, Office manager au sein du Groupe SGP. Cette dernière estime que l’entreprise libérée correspond bien aux attentes des générations Y et Z. « Ces digital natives ont besoin de reconnaissance, d’être écoutés et de trouver du sens à leur métier. »

Source : Latribune.fr

2022-03-16T04:39:12+01:0027 août 2018|Catégories : Communication, ETI, GE, Management, PME, TPE|Mots-clés : , , , , , |0 commentaire

Génération Z : faut-il la manager ou la ménager ?

La notion de génération a évolué ces dernières décennies, ce qui doit nous amener à l’appréhender différemment que par les repères (im)posés par les agences de statistiques, à savoir des paliers linéaires de 25 ans. Aujourd’hui, cinq ans suffisent à modifier profondément les comportements et attitudes, que ce soit dans la vie quotidienne, face à l’apprentissage ou encore au travail. Il est évident que la montée en puissance de l’utilisation des technologies, tout comme leur intégration quasi systématique dans les sphères privées et professionnelles, est un catalyseur de la rupture qui s’opère.

L’ouverture au monde facilitée tout comme le concept d’« augmenté », que l’on peut accoler à tous les paradigmes (humain, réalité, compétence pour ne citer que ceux qui sont dans le périmètre des sciences de gestion), renforcent l’idée qu’un nouveau tome va s’écrire, après les générations Z. Celui-ci commencera avec l’arrivée des Alphas, totalement « imprégnés », bien avant leur naissance, de ces pratiques numériques et informationnelles. Le terme « tome » est approprié, car il ne s’agit nullement d’une page qui se tourne ou d’un chapitre qui se ferme. C’est bien une nouvelle histoire qui commence, et le manager, s’il veut assurer la pérennité de son service, a tout intérêt à la lire correctement.

Ne pas confondre Y et Z

Baptisée de la dernière lettre de l’alphabet, la génération « Z » semble marquer la fin d’un cycle. Alors que les « Y » ne juraient que par Facebook, la tendance change désormais : une étude portant sur 3 708 jeunes de la Génération Z révèle par exemple que les réseaux sociaux type Facebook sont beaucoup moins utilisés par les jeunes Z. Ces derniers leur préfèrent des plateformes collaboratives telles que Snapchat, qui permet une forme d’instantanéité chère aux Z, tout en assurant un effacement des sujets mis en ligne au bout de 24h ou de deux lectures.

Autre différence entre Y et Z : chez les seconds, l’écriture regagne du terrain, même s’il faut encore composer avec les squelettes consonantiques, ces abréviations qui suppriment les voyelles (pcq pour « parce que », jspr pour « j’espère », jdcjdr, pour « je dis ça, je dis rien »)… Ainsi, 68 % des interrogés utilisent le texte pour communiquer avec leurs amis. À quoi s’ajoute un regain de la correspondance enfants-parents, qui deviennent des « copains 2.0 ». On n’aura jamais autant écrit… Notons tout de même que la communication avec les parents se fait essentiellement via Facebook Messenger (pour 80 %), malgré le désamour pour la plateforme. Sans doute dans un souci d’adaptation…

Les responsables des firmes telles que Facebook ont conscience de cette évolution des pratiques et de l’importance accordée à ces nouveaux outils par les jeunes, qui papillonnent de l’un à l’autre. Pour les séduire, Facebook a pour stratégie de converger vers ces plateformes, comme le révèle Adam Marki, directeur des agences chez Facebook, dans l’ouvrage d’Élodie Gentina et Marie-Ève Delécluse. De nouvelles fonctionnalités, s’appuyant notamment sur l’intelligence artificielle, émergent dans les messageries. Ainsi, les bots, programmes informatiques dotés d’une personnalité, occupent actuellement le centre de ces politiques d’innovation. Ils visent à faciliter la vie de l’usager en l’aidant, par exemple, à trouver le partenaire idéal sur Meetic ou à gérer ses réservations sur Uber, KLM ou le réseau ferré.

La névrose communicationnelle s’installe

Si elle présente un intérêt certain, cette opulence d’informations et d’outils associés (smartphones essentiellement) a aussi des effets pervers.

Addiction à la mobilité, risque de maladies psychologiques (dont certaines nouvelles, comme la nomophobie, une névrose liée à l’angoisse de se retrouver sans son smartphone ou sans réseau, et donc sans accès à l’information), déconcentration… Les chiffres sont parlants : 60 % des élèves envoient des SMS durant les heures de cours et ont besoin de consulter leur smartphone toutes les heures. Chaque jour, les utilisateurs touchent en moyenne 221 fois leur portable. Entre les mails, les réponses aux commentaires, les « like » et toute autre interaction, il est assez aisé d’arriver au compte rapidement…

Autres chiffres qui effraient : selon une enquête américaine de Common Sense Media, spécialisée dans l’analyse des médias et technologies familiales et des enfants, près de 46 % des bébés de moins de 2 ans ont déjà utilisé un smartphone alors qu’ils n’étaient que 10 % en 2011. Quand on sait que Bill Gates a attendu que ses enfants aient 14 ans pour les autoriser à posséder un smartphone, et que, récemment, un ancien cadre de Facebook a déclaré interdire à ses enfants de toucher au réseau social, tout est dit…

La question de l’addiction aux écrans est prise de plus en plus au sérieux. Outre un test, paru dans la revue scientifique Computers in Human Behavior et permettant de mesurer son niveau de « nomophobie », des unités médicales spécialisées dans la cyberaddiction ont vu le jour dans certains grands hôpitaux tels que Marmottan ou Cochin.

La hiérarchie à l’épreuve du numérique

Le passage de l’hyperconnexion à l’ultraconnexion induit des habitus nouveaux. La télévision est désormais beaucoup moins regardée que le smartphone devant lequel il arrive aux Z de passer près de six heures par jour. Cette information, disponible de manière quasi permanente, est partagée et vérifiée, même si elle provient de leur hiérarchie. Ce qui n’est pas sans créer quelques tensions avec leurs managers… Ce qui est essentiel aux yeux des générations Z, c’est d’enrichir sans cesse l’information. Un point de rupture évident avec les autres générations pour qui la rétention d’information est parfois considérée comme un gage de survie dans l’organisation.

Avec de tels outils en leur possession, il vaut mieux, pour la hiérarchie, jouer la transparence (c’est, du reste, ce que les Z attendent) et les pousser à partager leurs connaissances, car ils peuvent réellement avoir une valeur ajoutée pour l’organisation. Dans ce contexte, le schéma du « tutorat inversé », au cours duquel les juniors coachent les seniors, paraît idoine. Il ne faut pas hésiter à solliciter leur intelligence acquise dans la gestion des existences simultanées, au sein des divers mondes virtuels parallèles qu’ils fréquentent via leurs multiples identités adossées. Quoi qu’en laissent percevoir leurs comportements, les générations Z sont orientées collectif, éthique et équitable. Pour le dirigeant qui saura ménager cette génération face à laquelle le compromis n’est pas envisageable, ces recrues constituent de formidables atouts. Et après tout, si l’on se réfère à leur étymologie, manager ou ménager sont apparentés…

Particularités des générations X, Y et Z – Source: groupesfc.fr

Source: The conversation

2023-02-04T12:34:23+01:0028 avril 2018|Catégories : Management|Mots-clés : , , , , |0 commentaire
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